lundi 15 juin 2009

Comment ça j'ai pas donné de nouvelles ?

Alors oui, franchement je trouve ça un peu facile. Sous prétexte que vous n'avez rien à faire au bureau (et ça c'est pas cool de me le dire), vous me dites "hé mais tu n'écris plus, c'est nul". Sauf que voyez-vous, écrire, c'est amusant, ça m'occupe, mais ça me rappelle aussi pourquoi ma vie professionnelle a atteint le sous sol. Alors, j'avoue, j'ai plutôt écrit d'autres trucs ces derniers temps.

Mais bon, parce que c'est vous je vais vous mettre au courant.
La dernière fois que je vous ai vus, j'avais un suivi personnalisé avec une psychologue dont j'ai déjà oublié le nom. Pour être honnête, la dernière fois que je vous ai vus ça devait plus être dans un bar, vu que je vous connais tous, amis lecteurs, mais passons.

J'ai donc fini mon suivi avec la délicieuse Mme Amora. Pendant 3 mois, j'ai pu la rencontrer à raison d'une fois par semaine, ce qui est sympathique mais pas tant que ça en fait, pour qu'elle puisse noter dans son dossier tout ce que je lui disais. Du genre "j'ai une formation dans ça. J'ai déjà fait ça, aussi. Mais je suis pas plombier, non. Oui, c'est dommage, je sais. Oui, pour la semaine prochaine je vais vous trouver 3 domaines professionnels en expansion. Alors y'a conseiller Pole Emploi, déjà. Baby-sitter de vieux aussi. Et chômeur."
Et elle, elle remplissait tout ça et me disait de revenir la semaine d'après avec mes CV et lettres de motivation, pour finalement ne pas les regarder.

Non, vraiment, c'était génial. En plus quand elle a terminé nos 3 mois de calvaires, elle m'a annoncée qu'elle m'appellerait 1 fois par mois pendant 3 mois pour savoir où j'en étais. Je vous rassure, elle n'en a rien fait.

Mais avec le temps qui passait est venu la prise de conscience : "Mais mordel de berde, je n'arrive à rien ici !". J'ai donc empoigné mon ordinateur (façon de parler hein, j'y tiens) et cherché quelles formations je pouvais faire. Il s'avérait que le secteur des médiathèques était ce qui complétait le mieux ma formation originelle. C'est donc d'un pas alerte que je suis allée à la médiathèque de ma ville, rencontrer la responsable.

Elle était gentille. M'a proposé un gâteau, déjà. C'est un signe. Après elle m'a dit que oui, ça serait bien que je vienne faire des stages, même qu'elle en organisait, elle. Alors, je suis allègrement voir ma conseillère. Qui, avec toute la candeur de ses grands yeux bleus m'a dit "euuuuh ouiiii... un stage, donc ? Mais c'est payant ? Qui organise ? Le département ? Ah oui mais on n'a pas d'accord avec eux, vous ne pouvez pas le faire. Non, vous comprenez, c'est pas autorisé."

Car oui. L'ANPE est pour le retour à l'emploi. Le gouvernement insiste régulièrement sur l'accès aux formations. Mais aux formations qui rentrent dans un cadre très précis. Celles qui vous proposent de devenir carrossier par exemple ou secrétaire médicale. Ou évidemment, baby sitter pour vieux. Mais pour le reste, non, pas autorisé. Z'avez qu'à vous reconvertir en baby sitter pour vieux, bordel, depuis le temps qu'on vous le dit.

Je n'ai donc pas pu faire de stage dans le domaine qui me concernait parce que, certes, j'avais l'envie, le contact et la possibilité, mais pas l'accord du Pole Emploi. Le monde est bien fait, hein ?

Du coup, j'ai réempoigné mon ordi et cherché des formations nationales. Damned. Vous n'allez pas me croire, mais à part retourner à la fac, rien n'était possible. A part baby sitter pour vieux, bien sûr.

J'ai donc relevé les yeux, regardé mon chat, éteint la musique et j'ai pris une grande décision. Nettoyer mon frigo, déjà. Et déménager afin de refaire 1 an d'études, aussi.

Là je vous passe les rdv d'annonce de notre séparation à ma conseillère et moi, ainsi que les "mais euh, donc, vous verrez là bas avec votre conseiller"

J'ai donc déménagé. Voilà. Me reste plus qu'à être prise dans ma formation, un Master d'ailleurs, pour entamer ma collection, et à formationner de mon mieux.

D'ici un mois je devrais rencontrer mon ou ma futur(e) conseiller(e). J'ai hâte.

mardi 17 février 2009

Le Pôle Emploi est votre ami

Oui, je sais. Vous êtes tous en attente de la suite de tests que j’ai passés. Vous vous demandez si j’ai fait des mises en situation et si j’ai découvert qu’en fait, j’étais faite pour être millionnaire. A ce sujet là, je me permets de m’étonner, ce travail n’existait même pas dans la liste. Alors que bon, ça existe, je l’ai vu à la télé, si c’est pas une preuve...

Ceci dit, pour vous divertir, je vous conseille la lecture de la liste des métiers de wikipédia : là , vous devriez vous dire comme moi que « tiens, ils ont raison après tout, pourquoi ne mettre la liste QUE des boulots qui ne sont pas réprouvés par la loi ? C’est réducteur après tout, et puis le blanchiment d’argent, c’est un métier ancien et très noble, ça a lien avec l’imprimerie, Gutenberg, l’éducation du peuple, tout ça. »

Mais je ne vais malheureusement pas continuer mon récit des tests de Mme Amora (quelqu’un me rappelle d’où j’ai sorti son nom ?). Non, je ne vais pas le faire. Car j’ai ce matin découvert une fois de plus l’ineffable capacité du Pôle Emploi à égayer mon morne quotidien. Grand est son pouvoir, Gloire à lui.

J’ai reçu une offre. Une offre qu’on ne peut pas refuser. De toute façon c’est très délicat de refuser ce genre d’offre de l’ANPE, on se demande toujours si ça ne va pas être le prétexte de votre future radiation. J’espère que vous vous souvenez de la dernière offre qu’ils m’avaient envoyée (récit ici). On ne peut pas dire que l’adéquation avec mon profil était l’élément moteur de cet envoi, mais bon, je vous rappelle qu’on parle du Pôle Emploi, s’il y avait de la logique ça se saurait. (Déjà ils auraient commencé par ne pas payer aussi cher des gens qui ont manifestement réfléchi très fort pour le renommer Pôle Emploi. Mais c’est un autre problème.)

Là l’offre était nettement plus adaptée. Je vous la retranscris pour garder un peu de sa fraîcheur :

Offre N°XXXXXX

Etablissement de 3 à 5 salariés secteur : activ. Orga. Professionnelles recherche pour un CDD de 06 mois un :

Animateur/Animatrice de développement régional H/F

Au sein d’une association ayant pour but la promotion et le développement des producteurs de fromages régionaux. Vous devrez assurer la gestion administrative, financière, Assurer la communication interne et externe, le montage des dossiers. CDI possible par la suite.

Formation : Niv. 3 (BAC+2) commerce exigé ou Niv 3 (BAC+2) gest. Financière exigé

Expérience souhaitée de 1 à 2 ans en milieu agricole et en plan action

Voilà. Plusieurs remarques : déjà c’est dans un secteur d’activités d’Organisations Professionnelles. C’est bien. Je ne sais pas trop ce que c’est mais ça fait sérieux. Ensuite, un CDD avec CDI possible par la suite. Je vous assure, c’est TRES rare de nos jours de rencontrer ça, normalement c’est comme quand vous croisez un éléphant dans un safari au Kenya : l’émotion vous étreint, votre gorge s’assèche et vous vous sentez tout petit face à la beauté de la nature. (non, je ne suis jamais allée au Kenya mais je regarde beaucoup France 5 et ses documentaires sur la fascinante Afrique c’est pour ça que vous vous y croyez quand je raconte)

Enfin, oui, vous l’aurez noté, le secteur n’est pas tout à fait (mais alors de peu, hein, je chipote) celui dans lequel j’ai une formation. Pourtant, je me souviens, pendant mes cours sur l’architecture et l’influence japonisante sur les constructions de Franck Lloyd Wright, je ne cessais de répéter à mon prof : « oui, mais le fromage dans tout ça ? ».

Dommage, mon prof ne semblait pas particulièrement marqué par cette dimension pourtant cruciale. De même, mon prof d’histoire de l’art se refusait tout particulièrement à développer un passage de son cours sur le Baroque Flamboyant sur la gestion financière et les aides de l’Europe sur la production fromagère. C’est dommage. L’avenir nous a pourtant montré que cela m’aurait été utile.

La peste soit de cette incroyable déconnexion du cursus culturel et du monde agricole.

Afin d’en discuter avec ma conseillère préférée, et de voir avec elle si ma candidature à cette offre pourtant délicieuse (oui, j’aime beaucoup le fromage) était bien pertinente, j’ai décidé de l’appeler.

Et là, j’ai découvert quelque chose de fou : avec le Pôle Emploi avait tragiquement disparu le numéro de téléphone de mon agence !

Maintenant, il faut appeler le 3949. Voui madame. Ne me démontant pas, c’est donc d’un geste vif que j’ai pris le téléphone ce matin et que j’ai composé les 4 chiffres. A mon avis, le 3949 deviendra le nouveau symbole satanique. Déjà le 666, c’est dépassé, et puis 3 chiffres c’est pas assez, alors que le 3949, ça a de la gueule, ça reste en tête. Ça peut même rester dans le mur si vous essayez de joindre votre conseiller et que vous êtes de nature un peu nerveuse.

Tout d’abord, on vous indique que c’est le numéro du Pôle Emploi. C’est sûr qu’il vaut mieux prévenir, si vous comptiez tomber sur Ulla, c’est mieux d’être prévenu de suite de votre erreur. Ensuite, on vous indique que l’appel est facturé 11 centimes d’Euro si vous appelez d’une ligne fixe et que « ah oui tiens, au passage », si vous appelez d’un portable ou d’une ligne « box » (livebox, freebox, neuf box, machinbox, comme à peu près 90% de la population française de nos jours) l’appel pouvait être surtaxé. Les caisses sont vides, Fillon l’a dit. Ben voilà, on le constate.

Ensuite, on vous demande de taper étoile puis le numéro de votre département. A la suite de quoi une agréable voix féminine vous lit la longue liste des raisons pour lesquelles vous pourriez appeler. Ça n’est pas tout à fait ça : mais c’est pas très loin. Parce que maintenant on peut appeler pour s’inscrire comme demandeur d’emploi, pour comprendre pourquoi on a été radié, pour comprendre pourquoi on n’a rien touché ce mois-ci, mais aussi pour savoir si on a vraiment un dossier ou si c’est une blague. Une fois que vous savez pourquoi vous appelez il faut alors articuler du mieux possible votre requête. Moi, j’ai du articuler « EMPLOI » ce qui est assez bien trouvé je trouve, vu que j’appelais le Pôle Emploi. Ensuite j’ai du réécouter une liste de pourquoi je voulais les déranger pendant la pause café et j’ai articulé « CONSEIL ». Les chômeurs qui bégayent sont vraiment oubliés, c’est triste je trouve.

Vous tapez alors votre numéro de dossier. Et là, vous sentez que l’appel bascule. Non, pas du côté obscur. Quoique.

Je suis tombée sur une dame, très gentille du reste, à qui j’ai demandé s’il était possible de parler à ma conseillère. Suite à son petit rire contrit, j’ai compris que j’étais décidément trop naïve. En fait, non, on les appelle, ils prennent note de notre appel, ils envoient un mail à notre conseiller qui nous rappelle. S’il a le temps. Ou si vous n’êtes pas mort de vieillesse entre temps.

Voilà, parler à la seule personne qui a une toute petite idée de qui vous êtes, c’est impossible. Je me dis qu’ils ont peut-être mis ça en place pour créer des emplois. Vous n’avez pas votre conseiller mais quelqu’un est sorti du chômage. Chouette, hein ? Faudrait quand même penser à demander si c’est une centrale d’appel basée en France ou si c’est au Maroc. Pas que je sois contre le développement économique du Maghreb, hein, mais juste pour savoir.

Du coup j’ai préféré décliner ce mode de communication. Je vais essayer d’aller voir physiquement ma conseillère. Je prends ma pince coupante si jamais ils ont installé des barbelés. J’ai pris des vivres pour une semaine et un sac de couchage. Déclenchez l’envoi d’une équipe de secours si vous n’avez pas de nouvelles sous 8 jours. Dites à ma mère que je l’aime.

mardi 27 janvier 2009

Le test, c'est important de savoir

Mesdames et messieurs, chers lecteurs qui tiennent sur les doigts de mes deux mains réunies (on me fait signe, une main suffit, j’en prends note et me coupe la main gauche). Je me dois de vous avertir. Vous arrivez ici au meilleur moment de ma vie de chômeuse. Je ne sais encore si je vais réussir à vous faire partager ce moment intense qu’a été ce jour de tests psychologiques mais je vous jure que je vais faire de mon mieux pour que vous vous imaginiez avoir été présents dans cette pièce avec Roger, Mme Moutarde et moi.

J’étais donc convoquée pour une journée de divers bilans et tests. J’étais équipée, j’avais pris un stylo 4 couleurs. J’avais la motivation d’un lion. La barre chocolatée, oui.

Tout d’abord j’ai rencontré Roger, un peu intimidé et qui fumait en me demandant si je savais si on allait avoir des tests de calculs. Quoiqu’un peu inquiète à cette idée (dieu sait que le calcul me fait horreur, même avec une calculatrice), je tentais tant bien que mal de le rassurer, le prof avait dit de ne pas réviser les chapitres 4 à 12 donc tout irait bien.

Mme moutarde nous accueillit et sortit de sa pochette une ramette de tests agrafés. (Car oui : un test psychologique ne tient pas sur une seule feuille. Il faut agrafer les feuillets avec ET C’EST TRES IMPORTANT il faut mettre l’agrafe à un endroit improbable, genre en bas à droite, afin de déstabiliser le sujet)

Plaçons-nous désormais dans le style direct afin de mesurer en direct les effets primaires et secondaires de cette belle journée.

« Bonjour ! Vous allez bien ? (pause insuffisante pour écouter la réponse) Alors vous êtes réunis pour passer des tests. Ce sont en général des QCM. Le but est de répondre franchement afin que je puisse appréhender votre personnalité, votre caractère puis nous passerons aux tests de capacités puis de compétences.
Le premier test (agitant les feuillets agrafés en bas) est donc consacré à vous, à votre personnalité. Il s’agit de question proposant 5 réponses en gros de la plus éloignée à la plus proche de votre comportement et vous devrez cocher la bonne case. Je vous demande de ne pas cocher la case 3 qui correspond à une réponse « moyenne » où vous ne vous mouillez pas trop, parce que ça ne nous apprendra rien sur vous, personne n’est moyen (je faillis soulever là une remarque à mon sens pleine de vérité mais je n’en eu pas le temps, Mme Moutarde était finaude, elle savait ne pas faire de pause pouvant amener des questions). »

Nous commençâmes donc le test de personnalité. Je n’ai malheureusement pas pu garder le test afin de vous faire partager l’ensemble inénarrable de questions mais certaines ont laissé sur moi une empreinte telle que je suis en mesure de vous relater leurs inepties aujourd’hui. (y’a pas à dire quand je veux je parle bien, faudra penser à le dire à mon prof de lettre d’hypokhâgne).

Exemple :

« Equilibre :

En général je suis quelqu’un :

1) qui tombe souvent

2) qui tombe parfois

3) qui tient bien debout

4) qui ne chute jamais

5) qui a un parfait sens de la mesure »

Vous ne rêvez pas. On parle bel et bien de notre sens de l’équilibre physique, et pas comme on pourrait le penser de façon innocente de notre équilibre mental (après tout on passe un test de personnalité). On nous demande ici si on a du mal à marcher, à se tenir debout, donc à être coordonné. Oui moi aussi je pense que pour savoir ça, le mieux c’est encore de regarder la personne marcher mais pas pour des psychologues. Marcher c’est avant tout dans la tête que ça se passe, bande d’ignorants.

Si vous cochez 1, vous vous doutez que c’est très gênant socialement et que cela vous embêtera sûrement lors de votre future embauche. D’ailleurs vous êtes tombé de la chaise et vous sentez confusément que remplir le test sur le sol pose problème à Mme Moutarde. De même, si vous cochez 2 pour limiter la mauvaise impression, votre employeur risque bien de ne pas vous faire confiance pour ce job de déménageur en objets d’art que vous désiriez tant.

La réponse 3 est interdite.

Il vous reste donc le choix entre 4 et 5. Si vous avez comme moi un mauvais esprit vous sentez confusément que les propositions ne traitent pas du même sujet. Personnellement, je compare rarement mon rapport à la gravité terrestre à mon sens de la mesure. Oui, je devrais m’ouvrir l’esprit, je sais bien. Un peu perdue j’ai donc hésité entre affirmer hâtivement que mes rapports aux chutes étaient nuls (ce qui est malheureusement faux ou tout du moins si je ne chute pas il m’arrive souvent de me heurter à des objets mouvants et fixes. Je ne sais pas pour vous mais moi je me prends souvent des chambranles de porte. Pourtant ils ne bougent pas mais j’ai sûrement tendance à sous estimer le volume que je représente.) et affirmer haut et fort que mon sens de la mesure était égal au nombre d’or. Mon sens de la mesure, déjà, ça me pose 2 problèmes. Je ne sais pas si on parle de mon sens qui me permet de taper des mains en rythme lors d’un concert (et ce n’est pas donné à tout le monde, constatez le vous-même lors de votre prochaine séance d’écoute musicale collective) ou bien de mon sens qui me permet de tempérer les choses et les gens en sachant prendre un peu de distance avec les évènements.

Complètement décontenancée, et ne voulant pas le laisser paraître, j’ai donc coché la proposition 4.

Mais d’autres questions étaient tout aussi amusantes ! Jugez plutôt :

« Sociabilité :

Je :

1) tue tous les gens que je croise c’est bien simple j’ai même bouffé le cœur de l’infirmier qui tentait de m’enchainer.

2) m’efforce de croiser le moins de gens possible, je vis derrière mon ordinateur, d’ailleurs pour payer ma pizza commandée par internet j’envoie mon chihuahua payer le livreur.

3) je me comporte de façon normale.

4) je saute au cou des gens sauf lorsque je suis malade.

5) je suis la personne la plus sociable de la terre, Facebook à côté de moi, c’est rien, d’ailleurs j’ai 7 milliards d’amis, c’est moi qui ai inventé le mot sociabilité. »

Oui, j’ai réadapté les propositions, j’avoue, mais très honnêtement, le contenu différait mais le sens était vraiment proche. Il y avait aussi :

« Savoir vivre

Je :

1) Mme de Rotschild si tu m’entends, j’t’enc…

2) Je crache au visage des gens quand je les rencontre pour la 1ère fois.

3) Je suis éduqué.

4) Je ne me trompe jamais de titre quand je m’adresse à une comtesse et à une altesse sérénissime.

5) Je suis Mme de Rotschild. (et je t’enc…) (non pardon c’est plus fort que moi, Nadine ne dirait jamais une chose pareille) »

« Autorité

Je :

1) suis très obéissant, j’obéis toujours à mon chien.

2) sais faire obéir ma cafetière.

3) j’ai un rapport normal à l’autorité, j’accepte les remarques de mes supérieurs et je suis indulgent avec mes subordonnés.

4) j’ai un fouet sur moi et pourtant je ne m’appelle pas Indiana Jones.

5) je veux qu’on m’appelle « maître ». Plus vite que ça. »

Vous l’avez donc compris, il n’est pas si facile de remplir un test de personnalité. C’est normal me direz-vous, chaque personne est complexe. Et c’est d’autant plus clair quand on fait ce petit test tout simple qui permet de nous situer dans l’éventail riche et coloré des personnalités déficientes que peuvent présenter les chômeurs, du moins dans l’esprit des psychologues.

Une fois les 4 pages remplies, Mme moutarde nous demanda de trouver quelqu’un dans notre entourage qui nous connaîtrait assez bien mais qui aurait aussi assez de recul pour pouvoir nous juger en remplissant lui aussi le test. L’idéal étant de trouver quelqu’un de notre ancien travail (oui le fait que la personne en question puisse être celle qui nous a virée n’a pas semblé effleurer Mme Amora.), prêt à dire (sans lire nos réponses habilement dissimulées derrière un bout de feuille) si oui ou non on a menti dans notre rapport à la nudité au travail.


Ça suffira pour aujourd’hui petits chenapans, mais réjouissez vous, je m’attelle de suite à la rédaction du récit concernant les tests de capacités et de compétences… Et là, il y a du lourd.

dimanche 18 janvier 2009

Le suivi personnalisé, c'est bon, surtout avec des cornichons

Bien dormi ? Allez, vous avez été sages, je vous raconte donc le début de mon suivi personnalisé. Souvenez-vous, c’est le truc que l’on m’avait gentiment proposé pour que je trouve du travail. Rapport au fait que j’en cherchais du travail.

J’avais donc rdv avec un spécialiste, un coach, fort d’une expérience folle et d’un réseau professionnel hyper développé mis à ma disposition afin de me permettre de faire ma difficile entre divers employeurs qui ne manqueraient pas de se disputer ma personne.

Mi octobre, je me dirigeai donc d’un pas alerte vers ma spécialiste, car oui c’était une femme, et j’espérai fort qu’elle aimait Lorie elle aussi. Elle m’accueillit chaleureusement en me demandant mon papier justificatif (ma convocation quoi).

« - Bonjour, je suis Mme X. (non elle ne s’appelait pas Mme X. mais c’est pour pas dire son nom, j’aurais pu mettre Mme Moutarde à la rigueur, mais je ne sais pas si tout le monde aime la moutarde.) (Oui vous allez me dire « et tout le monde aime le X ? » mais je n’entrerai pas dans cette polémique, laissez moi continuer mon histoire un peu.) Je suis psychologue et je suis là pour vous aider dans votre processus de retour à l’emploi. »

Quelle déception ! J’avoue que, forte de moult visionnages d’émissions de M6, je m’attendais à un coach brésilien (MA CHERRRRRRIIIIIIIE, J’ADOOOOOOOOOOOOOOORE) qui m’aurait emmenée chez un super coiffeur-maquilleur-chirurgien esthétique pour mieux faire pleurer ma maman et mon chéri à la fin quand j’entrerai dans la pièce en annonçant « ben oui, c’est moi » avec un petit sourire. La, elle n’était même pas brésilienne, il n’y avait aucun coiffeur-maquilleur à côté, ni de boudoir propice aux confidences et le coach était psy. C’était officiel, j’avais un problème.

« -Euh, bonjour.
- Alors, ensemble, on va travailler, tout d’abord en faisant le point pour que je vous connaisse un peu puis dans un second temps en établissant un plan actif de recherche d’emploi. (ah un plan actif, intéressant, moi mes plans ils étaient pas trop actifs, ils restaient posés là, j’avais effectivement un important travail mental à effectuer.) Vous le savez, le but c’est évidemment d’atteindre le marché caché. Signez-là. »

Quelque peu perplexe je signai le papier et une feuille de présence. J’appris au même moment que nos rencontres allaient rythmer mes trois prochains mois à raison d’une fois par semaine et que nulle absence n’allait être tolérée sinon je me faisais virer de l’ANPE (oui ils étaient toujours aussi attachants, à l’ANPE).

Souriante néanmoins, Mme Moutarde continua son petit speech.

« - Donc vous avez demandé un suivi personnalisé, c’est bien.

-Euh en fait j'ai pas vraiment demandé, mais bon...

- Donc il faut que je vous connaisse, vous êtes d'accord ? L’ANPE ne m’a rien transmis sur vous, vous avez un dossier là-bas ?

- J’espère bien ça va faire 10 mois que j’y suis inscrite.

- Ah ? Je n’ai rien reçu. Vous cherchez du travail dans quoi ?

- La culture, le patrimoine plus précisément.

- Le patrimoine ? C’est-à-dire ? Parce que ça veut pas dire grand-chose ! (ben non c’est bien connu, Velasquez, Versailles ou Dali ça veut pas dire grand-chose mais globalement quand je disais « patrimoine et culture » même ma boulangère comprenait.)

- He bien je travaillais dans un musée, organiser des expositions, tout ça.

- Oh. (Je sentais bien sa déception. Ca faisait toujours ça aux professionnels du domaine de l’emploi, « culture et patrimoine » ça soulève rarement l’enthousiasme, moins que « plomberie » quoi…) Bon et bien… Oui là le but c’est vraiment de savoir s’ouvrir.

- Pardon ? Parce que bon, moi j’aimerai bien continuer dans ce domaine, ça me plait et puis j’ai fait les études pour…

- Oui mais bon, il faut aussi ouvrir les yeux !

- Certes, certes, je suis prête à m’ouvrir à d’autres domaines mais pas vraiment à une complète réorientation.

- Ecoutez moi bien vous êtes là pour retrouver du travail, vous avez signé donc vous vous êtes engagée. (Elle commençait à s’énerver, là, ça tombait bien parce que moi aussi en face.)

- J’ai signé mais à aucun moment pour m’entendre dire de changer de voie, j’ai signé pour avoir un appui, si c’est pas ça dites-le moi tout de suite, parce que là ce n’est pas très clair…

Sentant que le terrain devenait glissant, elle décida en bonne psychologue qu’elle était de désaxer le conflit naissant.

- Quoiqu’il en soit, je vais devoir vous connaître, et c’est le projet de notre prochaine rencontre.

- Très bien.

- Nous allons nous voir la semaine prochaine, vous allez faire quelques tests de personnalité afin que je vous cerne mieux. (oui c’est bien connu pour connaître quelqu’un c’est plus simple de lui faire remplir des tests bidons, discuter avec lui ça prend trop de temps et puis c’est surfait. Ca avait l’air bien comme boulot, psychologue.) Vous viendrez jeudi prochain, prévoyez votre journée entière, vous allez passer des tests en groupe.

- Pardon ? En groupe ? Je croyais que c’était personnalisé ?

- Oui mais on essaye de regrouper les gens en fonction de leurs profils. Vous serez 3 ou 4, normalement. Donc on dit de 9h à 12h puis de 13h à 16h, prenez un stylo.

- Bon… Vous voulez mon CV pour votre dossier ?

- Non, pas la peine pour l’instant, le CV et les offres c’est en phase 2, là on commence la 1. (génial, ça voulait dire que pendant un mois le programme c’était introspection, pas recherche d’emploi). Voilà, n’oubliez pas de prendre un stylo. A la semaine prochaine. »

Voilà. J’avais commencé mon suivi personnalisé. Ca avait l’air super bien, vraiment. Un peu déstabilisant et irritant mais tout à fait dans l’esprit de l’ANPE. Ils faisaient appel à des boîtes spécialisées mais ils avaient réussi à trouver des gens aussi attachants et ouverts qu’eux. J’avais vraiment hâte de faire les tests, après tout j’allais peut-être apprendre des trucs fous sur moi, c’était la première fois qu’un psy s’intéressait à moi, j’allais peut-être découvrir que de caractère asocial tendance sociopathe je devais penser à m’orienter dans le domaine de la garde de personnes âgées ?

Petit avant-goût de la semaine suivante, nous ne fûmes finalement que 2 à passer les tests. En effet, nos profils correspondaient, Roger avait fait l’armée puis des travaux dans l’électricité. Et moi un jour, j’avais appuyé sur un interrupteur, c’est dire si on avait des points communs.

jeudi 8 janvier 2009

A la rencontre de l’autre : la pérennisation des liens sociaux à travers l’étude des relations chômeur-conseiller référent en Occident

Vous les attendiez avec impatience, voilà la suite de mes aventures ANPEsques ! Je vous l’avais dit, l’été, on ne cherche pas de travail et j’attendais donc septembre impatiemment, éperdument, infiniment. Fin septembre, la mort dans l’âme, je finis par me faire à l’idée que ma conseillère avait peut-être succombé à la vague de chaleur de début du mois. Je commençais à faire le tour des boutiques de fleuristes afin de faire livrer une couronne à sa famille quand une lettre me parvint.

« Mademoiselle, lors de votre rendez-vous du 23 Juin (l’ANPE vit dans un temps séparé, une autre dimension où le temps s’écoule différemment parce que moi mon dernier rdv datait du 12 juin mais n’y pensons plus), vous avez défini avec votre conseiller les actions que vous alliez mettre en place dans le cadre de votre Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi. Depuis cette date, vous avez peut-être retrouvé un emploi, je vous remercie de nous le faire savoir. Si vous êtes toujours à la recherche d’un emploi, un bilan mensuel est nécessaire. Vous avez rdv avec votre conseiller référent Mme X (et là c’est un autre nom que ma conseillère ce qui me pousse à croire qu’elle est vraiment morte) le 07/10 à 14h30. »

Plusieurs remarques s’imposent. Tout d’abord, j’étais assez d’accord sur le fait qu’un suivi mensuel s’imposait. Après tout ça faisait presque 4 mois sans nouvelles et je voulais voir si les travaux près de l’agence étaient terminés. Et puis on pourrait discuter de mon avenir aussi, si on avait le temps, c’était toujours sympa de pouvoir se livrer à une oreille amie.

Ensuite, je réalisai qu’apparemment, certains chômeurs qui retrouvent du travail oublient d’avertir l’ANPE, mais à mon avis ils le font parce que le lien avec leur conseiller est trop fort et qu’ils ne veulent pas le blesser en annonçant une rupture de façon trop abrupte.

C’est donc toute guillerette que j'allai au rdv ce 07 Octobre à 14h30 à l’ANPE. Dès mon entrée, je rassurai la dame chargée de l’accueil en lui montrant ma lettre et j’attendis ma conseillère. J’étais partagée. Soit elle avait changé de nom suite à un mariage, soit elle s’était fait refaire le visage afin d’échapper à la vengeance d’un parrain de la mafia grâce à l’aide du FBI, soit ce n’était plus la même personne. Quand elle me fit rentrer dans son open space si chaleureux, je guettai le moindre signe me permettant de trouver la bonne solution.

« - Bonjour, vous êtes ? » (On dirait la même personne, elle non plus ne me connait pas !)

Je lui tendis ma convocation et attendis qu’elle pianote sur son ordinateur. Mais, ENFER ET DAMNATION !!! Il refusait de fonctionner ! Impossible pour elle de prendre les renseignements de base sur moi ! Elle allait devoir me parler !! Voyant le trouble provoqué en elle par cette atroce découverte, j’attendis avec mon plus charmant sourire.

« - Euh…ça ne marche pas, là…

- Oui, on dirait bien…

- Donc euh… vous cherchez du travail…

- Oui, c’est ça. (je commençais à être sûre qu’il s’agissait bien de la même personne. Elle savait tout de moi ! J’allais lui demander si le programme de réinsertion des témoins était efficace mais je me retins encore un peu)

- Alors, euh, vous n’avez rien trouvé depuis le mois dernier ?

- Non. Ni depuis les mois d’avant d’ailleurs.

- D’accord. Alors moi je suis là pour vous demander si vous voulez un suivi personnalisé par un organisme spécialisé en fait.

- Un suivi personnalisé ? C’est-à-dire ? Comment ça se passe ?

- He bien c’est un organisme, qui est spécialisé (« aaaaaaah d’accoooooord »), et donc vous êtes suivi par un conseiller qui vous suit régulièrement pour vous aider dans vos démarches.

- Et donc ?

- He bien… Euh… c’est plus suivi, quoi (oui, on était d’accord, le suivi mensuel, c’était pas ça). Ca dure 3 mois.

- Mais c’est obligatoire ?

- Non, non mais on va vous le reproposer de toute façon. (Traduction : oui c’est obligatoire). Ca vous dit ?

- Ben… si c’est vraiment une aide je veux bien, sinon… je vois pas l’intérêt.

- Voilà, donc je donne votre dossier à l’organisme, vous allez recevoir une convocation rapidement.

- Mais dites moi un peu… c’est un suivi personnalisé, ce n’est pas un travail en groupe ?

- Non non ! c’est vraiment personnalisé, le conseiller vous montre comment faire pour vos démarches. (aaaah c’était pour ça que j’avais pas trouvé de travail en fait… je ne connaissais pas les trucs et astuces !)

- Et sinon j’ai noté là mes dernières démarches, ça vous intéresse ?

- Euh… je vais en faire une photocopie, ça aidera le conseiller. »


Voilà. J’allais partir quand j’entendis au loin une voix dire à quelqu’un « ah ben oui mais là il faut savoir ouvrir son champ de recherche ! ». Je connaissais cette voix. C’était celle de ma conseillère ! Elle était là ! Mais… elle m’évitait ? Que se passait-il ? Que c’était-il donc bien passé durant l’été torride pour qu’elle m’oublie ainsi ? La mort dans l’âme je quittai le lieu de nos tendres rencontres et je rentrai à la maison, le cœur lourd de ces secrets qui avaient entaché notre belle histoire.

La semaine d’après, je reçus une convocation avec ma nouvelle conseillère spécialisée. Mais c’est une autre histoire et il est tard, il faut dormir maintenant.

mercredi 10 décembre 2008

Je sais bien que vous mourrez littéralement de savoir ce qui m'est arrivé ces derniers mois à l'ANPE. C'est normal, j'entretiens un certain suspense, pour mieux retenir mon unique lecteur quotidien. Grâce lui soit rendue.
En réalité je n'ai pas beaucoup le temps d'écrire parce que je vois une psychologue en même temps. Non je n'ai pas essayé d'estourbir une vieille avec un chandelier dans la bibliothèque (quoique je ne vois pas ce qu'il y aurait de mal, mettre un chandelier dans une bibliothèque, c'est tenter le diable), c'est juste un nouveau programme de l'ANPE et croyez-moi, j'ai hâte de vous raconter tout ça. Mais après Noël.
Joyeuses fêtes ami chômeur ! (et oui joyeuses fêtes aussi ami non chômeur mais qui a de plus en plus peur d'en devenir un)

samedi 15 novembre 2008

Les offres ANPE : panorama rapide d’un envoutant écosystème

Quand vous êtes chômeur depuis plus de 6 mois, vous commencez à vous dire que votre belle résolution de faire le point sur vous-même pendant 2-3 mois avant de recommencer à travailler commence à devenir aussi amusante que l’idée de voir Margaret Thatcher manger un kebab sauce blanche. Quoique, en fait je voudrais bien voir ça. Bon ben mettons que d’assister à un concert de Carla Bruni.

Commence à germer l’idée que « mais hostie de calice de saint sacrament, on dirait bien que je ne trouve pas de travail aussi vite que je le mériterai ! ». Certes, vous avez découvert des choses amusantes en 6 mois : déjà que votre travail n’existe pas à proprement parler (rapport au code Rome qui n’est pas très précis) et aussi qu’il existe des offres qui à mon avis sont créées par l’ANPE afin de faire rire la populace, un peu comme les jeux du cirque sauf que là c’est vous qui vous faites bouffer par les lions.

Vous avez découvert le vaste panorama des offres d’emploi : de celles qui ne correspondent pas à votre poste à celles qui ne veulent rien dire, celles qui visent haut et celles qui visent bas, à peu près au niveau de vos parties génitales histoire de vous situer le truc.

Déjà, sachez que si vous postulez à une offre de l’ANPE (j’en ris encore) c’est à vous de vous tenir au courant du processus. Petite précision, ce n’est pas parce que vous postulez que c’est transmis, c’est un peu comme les antibiotiques, c’est pas automatique. Un conseiller a été spécialement formé par le FBI afin de faire un tri alambiqué dans les lettres de candidatures. Après une longue étude, il juge de ceux qu’il peut transmettre à l’employeur et élimine les recalés d’un coup en biais sur les vertèbres cervicales. Si le temps passe et que vous commencez à vous intéresser à votre candidature (mais c’est bien connu en tant que chômeur on n’est pas pressés de retrouver du travail) il vous faut alors appeler votre agence en prenant avec vous le numéro justificatif de l’offre parce que sinon ils ne peuvent pas le retrouver ou alors seulement en soupirant et c’est toujours gênant de les embêter.

Si vous avez le numéro d’offre, on vous passe alors la personne en charge du dossier. Ou une autre. Parce que de toute façon il s’agit juste de vous annoncer avec un ton très assuré que c’est soit « en attente » soit que « l’offre n’existe plus ». Vous, petit malin, vous vous doutez que si l’offre n’existe plus c’est que soit quelqu’un a été engagé soit que l’employeur a retiré l’offre. Faites alors ce test amusant : posez la question au conseiller ANPE. Sauf nouvelle recrue vous obtiendrez la réponse suivante : il n’en sait strictement rien, rapport au fait que « ce n’est pas marqué dans l’ordinateur parce que l’offre n’existe plus ». Ben oui, c’est ballot.

Pourtant, certaines offres méritent un suivi particulier. Il y a par exemple celles qui sont largement en dessous de vos compétences (ou du moins le pensez-vous) comme réceptionniste ou vendeuse de chaussures pendant l’été histoire de remplacer les Birkenstock des touristes allemands par des Havaianas qui sont vachement plus fun pour les pieds rapport au fait que c’est brésilien. Vous pensez pouvoir réussir à gérer ces lourdes tâches ? HAHA mais jeune freluquet, avez-vous seulement les bons diplômes ?? Car oui, pour vendre des chaussures, il faut un BTS vente EXIGE et 3 à 4 ans d’expérience minimum. Sûrement pour bien maîtriser la déclinaison des produits en différentes tailles (« attention 36 est plus petit que 42, Monsieur, attendez laissez-moi faire je suis une professionnelle, vous faites quoi comme pointure ? 43 ? Je vous propose donc une paire taille 43, dites moi si ça va »). Et si vous n’avez pas les diplômes et expérience exigés, même pas la peine d’espérer, votre lettre est jetée.

Détail amusant j’ai vu passer plusieurs offres de vendeuse en chaussures avec jusqu’à 10 ans d’expérience exigés. A mon avis il fallait aussi savoir ranger les boîtes et maîtriser le chausse-pied mais là ils abusent ça pousse la qualification trop loin.

Sinon, rassurez-vous, la situation n’est pas complètement désespérée. Il y a en effet les offres qui vous sont personnellement adressées par votre conseiller chéri : celles qui correspondent à votre code Rome et sont dans votre secteur de résidence. Alors oui, on le sait, votre code Rome est bien vaste mais votre conseiller est là pour veiller au grain. Ainsi, après un Master de Projets Culturels et de l’expérience dans un musée, j’ai reçu l’ordre de postuler à un travail dans le secteur de « l’économie agricole » avec la spécialité « agriculture de moyenne montagne ». C’est ma faute, j’ai bossé dans la culture mais je n’avais pas précisé que ça excluait le blé et le maïs, bien fait pour moi.

Il y a aussi les offres mystère. Ce sont mes préférées, elles me rappellent les bonbons super acides qu’il fallait garder dans la bouche jusqu’au bout alors que, soyons honnêtes, ça n’en valait pas la peine. Par exemple : « Chargé(e) de communication » dans le secteur « Brasserie/Bar ». Personnellement j’ai été très intriguée par cette offre, au point que j’ai décidé d’appeler l’ANPE afin d’en savoir plus. Après information, il s’est avéré que c’était un poste de chargé de communication pour une brasserie. Oui, ils sont comme ça à l’ANPE, ils savent vous lire une offre. Pas de chichis, hop, tout est dans l’ordi. Si vous insistez en disant « mais quand même, pour communiquer quoi, pour une brasserie ? » vous aurez la réponse classique « ben pour communiquer, quoi. ». Oui, ils sont mignons. Si vous demandez le nom du responsable, ou simplement de l’agence, refus automatique : ils n’ont pas le droit de vous le transmettre. Sans doute pour éviter le harcèlement du responsable par les hordes de demandeurs d’emploi crasseux ou alors pour éviter la concurrence à leur agence, je ne sais pas. Moi, amusée par le truc, j’ai postulé. Après quelques semaines je suis passée pour demander des infos sur ma candidature. J’ai alors eu la joie d’entendre « ah cette offre ? Non mais c’était n’importe quoi, c’était pour faire serveuse ».

Voilà. Notez qu’apparemment je n’ai pas non plus été choisie comme serveuse, il fallait sûrement une licence en « prenage de commandes » option « nettoyage de verres » et malheureusement j’ai arrêté mes études trop tôt.